lundi 29 septembre 2008, par Ehma
Imaginons que vous soyez aux commandes d’un petit bistro et que tous les matins vous alliez chercher votre commande de croissants chez votre boulanger habituel. Chauds et parfumant leur bonne odeur profite à votre clientèle et se répand dans votre établissement.
Imaginons également que ce soit l’hiver, dehors il gèle et les clients entrant dans votre établissement apprécient d’être envahis par une apaisante et relaxante chaleur.
Vos croissants et votre chauffage viennent des artisans du coin, car vous privilégiez plutôt vos amis commerçant, que l’entreprise « Grosseboîteapain » et la méga société « Chauffort ». Vous vous êtes, bien sûr, acquitté du montant facturé.
Un jour, un représentant des commerçants unis vient chez vous et constate que votre chauffage et la bonne odeur des croissants, ne profitent pas qu’à vous seul, mais à l’ensemble de la clientèle. De ce fait, vous êtes redevable de la rémunération équitable répartie en fonction des parts de marché. Donc au profit des gestionnaires de Grosseboîteapain et de Chauffort. Oui, l’odeur et la chaleur ayant profité à plus d’une personne, or que le produit vos étiez destiné à vous et à vous seul, vous ne pouvez y échapper. C’est la loi !
Je sais que ce cas a déjà été abordé par la littérature, « Sommes-nous redevables au boulanger pour la bonne odeur qu’il répand dans les alentours ? ». Mais cette situation, drôle et surréaliste dans la littérature, semble inimaginable dans la réalité. Pourtant c’est bien cette situation que je vise.
M Internaute télécharge, sur Jamendo, des œuvres offertes gracieusement par leurs auteurs et interprètes respectifs (précisons qu’il est question d’œuvres dont il est permis d’en faire un usage commercial) dans le but d’agrémenter un lieu commun, pour qu’il soit plus convivial.
Un jour passe un collecteur de droits voisins et réclame, à M Internaute, une certaine somme pour la musique diffusée dans son espace. Il a beau s’en défendre et se débattre, justifiant que cette musique est offerte gracieusement par ses détenteurs, mais rien n’y fera. Il devra se résoudre à payer.
Mais c’est promis, l’argent récolté sera redistribué aux collecteurs, producteurs et interprètes, en fonction des parts de marché.
Le vassal du moyen age, qui autrefois possédait les terres, possède aujourd’hui l’exclusivité de l’expression musicale et de sa diffusion. Impossible d’y échapper, la loi est avec lui.
Même si il est déjà assez frustrant de devoir payer des droits d’auteurs pour diffuser ses propres travaux, lorsque on les grave sur CD. Il l’est encore plus quand on récolte la dîme à vos admirateurs pour la redistribuer aux plus nantis de l’industrie musicale.
Mais que voulez-vous, le gros producteurs a un tel manque à gagner. Imaginez ! Avec le coût des produits pétrolier en hausse et la consommation industrielle d’une Ferrari, la vie n’est pas toujours facile. Ces impôts ainsi collectés viennent à point pour nos vassaux de plus en plus démunis faces à ces, peu scrupuleux, internautes qui, tels des wisigothes, les dépossèdent de leurs terres. Euh propriété intellectuel !